Marins du Pascal Paoli
Non à la criminalisation de l'action syndicale
Le 16 juillet 2007 la LDH a participé à une conférence de presse pour lancer la campagne de solidarité avec les quatres marins ( Alain Mosconi, Félix Da Gregorio, Patrick Mosconi et Jean Marc Mosconi ) poursuivis pour détournement de navire et séquestration de personnes.
Celle-ci s'est déroulée à 10h sur le ponton du Pascal PAOLI, à quai, dans le port de Bastia
Pour la LDH, l'action à l'origine de la mise en examen était purement syndicale, et il est anormal d’exercer un traitement criminel de l'affaire.
Composition du comité de soutien
Pour consulter le site des syndicalistes : http://www.stc-marins.com/
Prise de parole de la LDH lors de la conférence de presse
Ils ne sont pas des criminels
Quatre marins de la SNCM, Félix DA GREGORIO, Jean Marc, Patrick et Alain MOSCONI sont mis en examen pour détournement de navire et séquestration. Ils risquent une comparution devant une Cour d’Assises et 20 ans de réclusion criminelle ou des interdictions de travailler dans la marine.
Il est reproché à ces syndicalistes d’avoir occupé un navire de la SNCM amarré dans le port de Marseille, le Pascal PAOLI, avant de jeter l’ancre et de faire route vers Bastia.
L’action sur le Pascal PAOLI a été présentée par certains comme un acte de piraterie tandis que l’information judiciaire en cours l’assimile à un détournement. Ces mots sont lourds de menaces dans un contexte où, sans cesse il est question de lutte contre le terrorisme.
Que s’est-il donc réellement passé pour que Félix, Jean Marc, Patrick et Alain ainsi qu’une quarantaine de marins de la SNCM, s’engagent dans une action spectaculaire ?
Des annonces qui mettent le feu aux poudres
Automne 2005 : chacun s’attend à un conflit difficile concernant le devenir de la SNCM. Toutefois, la surprise est totale lorsque le 19 septembre, le préfet de la région PACA annonce brutalement :
- la privatisation complète de la SNCM
- une cession à 100% à un opérateur financier sans aucune exigence en matière de service public et de continuité territoriale
- le prix de vente de la compagnie publique, 35 millions d’euros … 10 fois moins que la valeur estimée de son patrimoine
- un versement par l’Etat de 115 millions pour renflouer financièrement la compagnie avant cette cession
- des centaines de suppression d’emplois
Chez les marins, la colère éclate sous forme d’occupations de plusieurs navires de la compagnie amarrés dans le port de Marseille. Le PDG de la SNCM est séquestré pendant plusieurs heures.
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Le 26 septembre, nouvelle annonce du préfet :
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l’offre du repreneur, Butler Capital Partners est « la plus intéressante ». Aussitôt, une autre information circule : M. Butler qui n’a aucune expérience d’armateur, est une relation proche du 1er ministre
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dans une déclaration publique, le repreneur annoncé en rajoute dans le mépris. Il précise que pour sa part, il se fait fort de revendre la compagnie sitôt après l’avoir à nouveau rentabilisée en supprimant notamment l’équivalent de 800 emplois.
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L’exaspération des salariés est à son comble. Certains occupent le Pascal PAOLI et décident de le ramener à Bastia. Nous sommes le 27 septembre.
Entre dramatisation et navigation à vue
- Le 28 septembre, le Pascal PAOLI est au large de Bastia. Le gouvernement décide d’intervenir. Des commandos marins, le GIGN, plusieurs hélicoptères, deux bâtiments de la marine nationale et un sous-marin furtif sont mobilisés.
Tout est en place pour impressionner l’opinion.
Les marins du Pascal PAOLI n’opposent aucune résistance. Ils sont regroupés sur le grand pont du navire, puis menottés dans le dos et agenouillés.
Le bateau repart vers le continent. A son arrivée à Toulon, quatre des quarante marins impliqués dans l’action, Félix DA GREGORIO, Jean Marc, Patrick et Alain MOSCONI sont placés en garde à vue puis mis en examen.
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Le 29 septembre, au lendemain de l’abordage du Pascal PAOLI par l’armée, le 1er ministre en personne s’empresse d’annoncer un nouveau plan de reprise de la SNCM. Il revient sur certaines annonces antérieures :
- abandon du projet de privatisation à 100% de la compagnie
- participation de l’Etat et des salariés au nouveau capital
- pas de licenciement sec
Cette réaction immédiate au plus haut niveau du gouvernement n’est pas une réaction à l’action menée sur le Pascal PAOLI ?
Félix, Jean Marc, Patrick et Alain ne sont pas des criminels
Quelle soit notre appréciation sur la fin de ce conflit, constatons aujourd’hui que tous les évènements qui se sont succédés –annonces gouvernementales- grève-occupations de navires-blocage du port de Marseille-affrontements entre salariés et force de l’ordre… se tiennent entre eux.
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Parce qu’il serait inacceptable d’isoler l’un de ces évènements pour en faire une affaire criminelle
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Parce que d’autres marins par le passé ont agi de la même manière sans qu’ils ne soient pour autant poursuivis (c’était en 1972, à bord du paquebot France, immobilisé pendant 28 jours au large du Havre)
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Parce que l’histoire du mouvement social est jalonnée de révoltes de ce type, occupation et appropriation de l’outil de travail, dès lors que les travailleurs sont méprisés
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Parce qu’il serait illusoire et dangereux de vouloir punir quatre syndicalistes pour l’exemple ; en réalité, cela ouvrirait la porte à toujours moins de démocratie sociale et toujours plus de révolte
Nous n’acceptons pas que Félix DA GREGORIO, Jean Marc, Patrick et Alain MOSCONI soient considérés comme des criminels
Et par voie de conséquence, nous demandons l’arrêt des poursuites engagées contre eux.
Bastia, le 16 juillet 2007
