Communiqué LDH du 05/10/2005
LIGUE DES DROITS DE L'HOMME
Comité de Corse
2, rue Gabriel PERI
20000 Ajaccio
Le délégué de Corse
Ajaccio, le 05 octobre 2005
Prière d'insérer. Merci.
La violente prise à partie du député RAOULT contre le STC est condamnable à plus d'un titre.
D'une part, elle met en perspective le recours à la loi du 10 janvier 1936 qui permet la dissolution administrative des associations présentant, entre autres, le caractère de ligues ou de factions d'avant-guerre.
Une loi dont l'utilisation abusive notamment dans le cadre des conflits liés à la décolonisation a été une constante, mais qui a également été activée dans les années 80 à rencontre d'organisations nationalistes.
D'autre part, cette déclaration s'appuie sur des poncifs anti-corses habituels ; « Le STC révèle son caractère mafieux et violent. »
En accusant le STC d'être une organisation mafieuse, M. RAOULT espère faire progresser l'idée d'une interdiction du syndicat en le criminalisant.
Face aux agressions antisociales actuelles, cette criminalisation du mouvement syndical dans son ensemble revient comme un leitmotiv pour tenter de soumettre les citoyens.
En caractérisant le STC comme une organisation violente, le député fait évidemment référence à l'action menée sur le Pascal PAOLI qui, en Corse, et hors de Corse, et bien au-delà des clivages idéologiques traditionnels, s'inscrit déjà comme un haut fait syndical.
Cette interpellation publique du député vice-président de l'Assemblée nationale, à destination du ministre de l'intérieur, doit également être comprise comme une volonté manifeste de peser sur la justice appelée à qualifier l'action des marins sur le Pascal PAOLI.
Enfin et surtout, M. RAOULT décide de faire le choix de l'affrontement plutôt que celui de l'apaisement. Avec cette déclaration, qui vient comme un sur commentaire de ces images choquantes relatant l'intervention de l'armée sur le Pascal PAOLI, il prend le risque d'alimenter un nouveau cycle de violences et de répression dont nous savons tous, par expérience, qu'il ne sera pas maîtrisable.
Pour la LDH
André PACCOU
