Le droit à la santé
Libération de Dumè Pasqualaggi
Dominique Pasqualaggi a été remis en liberté par la cour d'appel de Paris, mardi 25 septembre, pour raisons médicales, contre l'avis du parquet. Placé sous contrôle judiciaire, il devra rester en Ile-de-France. Nous nous félicitons de ce que le droit à la santé ait enfin prévalu sur toute autre considération .
Communiqué national de la LDH - 20/09/07
20 septembre 2007 - M. Pasqualaggi doit recevoir les soins que nécessite son état
M. Dominique Pasqualaggi est actuellement incarcéré à l’hôpital de Fresnes. Selon les expertises médicales remises au Juge d’instruction de la section antiterroriste, M. Thiel, son état de santé est incompatible avec le maintien en détention dans une structure incapable d’assurer à M. Pasqualaggi les soins que nécessite son état.
En fait, le tableau médical qui n’a pas cessé de s’aggraver depuis le mois de juillet, concerne un homme qui est incapable d’assurer les gestes les plus élémentaires et les plus intimes de la vie quotidienne.
Maintenir en détention cet homme dans ces conditions relève d’un traitement inhumain et dégradant volontairement infligé.
La LDH constate que tant le magistrat instructeur de la section antiterroriste que le Parquet de cette même section ne voient aucun inconvénient à assumer la responsabilité de la dégradation de l’état de santé de M. Pasqualaggi et l’hypothèque qui pèse ainsi sur ses chances de rééducation.
Elle dénonce cette attitude et attend qu’un terme soit mis à la situation indigne dont est victime M. Pasqualaggi.
Paris, le 20 septembre 2007.
Une délégation de la LDH participe à la manifestation organisée par le comité de soutien le 30 juillet 2007 à Corte
La LDH aux côtés de la famille de Dominique PASQUALAGGI
Depuis plusieurs semaines, les proches et l’avocat de Dominique PASQUALAGGI ne cessent d’interpeller la justice pour dire leur inquiétude et leur désarroi face à la situation de cet homme. Malgré les conséquences très graves de sa défenestration, M. PASQUALAGGI est considéré comme un détenu, subissant les rigueurs du système carcéral au détriment d’une prise en charge médicale dans toutes ses dimensions, physique, mental et social.
Devant la commission parlementaire chargé d’enquêter sur les prisons françaises, Robert BADINTER rappelait avec force qu’ « il ne pouvait exister une médecine pratiquée pour tous et une médecine carcérale et un traitement carcéral des maladies. Devant la maladie, tout être humain doit être également traité. »
Nous étions en 1999. Depuis, peu de choses ont changé dans les prisons françaises. Pour mettre un terme à cet état de fait qui tourne le dos aux droits de l’homme, il faudra une réforme profonde de notre système carcéral. Mais en attendant, nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas. Nous ne pouvons nous contenter de constater les conséquences d’un système qui méprise l’Homme sans aucune intervention.
La Ligue des Droits de l’Homme sera aux côtés de la famille de Dominique PASQUALAGGI ce dimanche 29 juillet à 17h à CORTE. Elle appelle à la mobilisation de toutes celles et de tous ceux qui veulent simplement affirmer le droit à l’humanité pour toute personne détenue.
Compte rendu de Corse Matin sur la mobilisation du 30/07 à Corte
Plus de 300 personnes ont manifesté hier à Corte pour apporter leur soutien à Dominique Pasqualaggi, ce militant nationaliste qui s'est défenestré le mois dernier lors de son audition dans les locaux de la sous-division antiterroriste du parquet de Paris.
Cortenais, amis de la victime et de la famille, militants de toute la mouvance nationaliste, syndicalistes et anonymes se sont donc rassemblés sous un seul mot d'ordre : « A verità per Dumè, a libertà per Dume » afin qu'il soit transféré vers un hôpital digne de ce nom pour y recevoir les soins « que tout humain est en droit d'attendre », a martelé Jean-Marc Rodriguez, porte-parole de Cuscenza Viva.
Massée sur la place Paoli, la foule a écouté le message délivré tout d'abord par la sœur de Dominique Pasqualaggi, Bernadette.
Après avoir remercié « celles et ceux qui se sont mobilisés », elle a apporté de nouvelles précisions sur l'état de santé de son frère : « Outre les graves blessures que l'on connaissait déjà et qui entraîneront, entre autre, une paralysie des membres inférieurs, les médecins ont diagnostiqué cette semaine une fracture du genou... »
Jean-Marc Rodriguez poursuivait en demandant la « vérité sur les circonstances de la défenestration de Dumè, aussi bien celles qui ont précédé ce tragique événement, que celles qui ont conduit à l'acte lui-même puis à l'attitude de l'administration par la suite. »
Prenant acte de « l'émotion du juge Thiel », Jean-Marc Rodriguez a aussitôt renchéri en le qualifiant de « pompier pyromane s'émouvant d'une situation qu'il a lui-même créée avec la complicité de la SDAT... »
Affirmant enfin que le « traitement subit par Dumè est inhumain », Jean-Marc Rodriguez a ensuite ajouté qu'il faudra « rester mobilisés pour que Dumè ne devienne pas le Bobby Sands Corse... »
Devant la forte mobilisation, le rassemblement s'est transformé en manifestation sur le cours Paoli. Le long cortège s'est dirigé, dans le calme, vers la sous-préfecture où Thierry Cottin a reçu une délégation composée de Bernadette Pasqualaggi, de Jean-Marc Rodriguez et d'André Paccou, pour la Ligue des droits de l'homme.
A leur sortie de cette entrevue avec le sous-préfet de Corte, Bernadette Pasqualaggi a annoncé à la foule que « le sous-préfet s'est engagé à faire remonter l'information aux ministères concernés. Nous lui avons demandé que Dominique rejoigne un lieu de soins digne de ce nom. Il nous a entendus. »
La manifestation s'est disloquée dans le calme.
