Un chantier républicain / Un'Opara Ripublicana - LDH 2002

Un chantier républicain / Un'Opara Ripublicana - LDH 2002

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Cumitatu righjunali di Corsica

Texte adopté par les sections d'Ajaccio, de Bastia et de Porto-Vecchio en novembre 2002

 

  

 

UN CHANTIER REPUBLICAIN  

UN'OPARA RIPUBLICANA  

 

   Nous avons changé de siècle, mais nous n'avons pas changé d'époque. Après plusieurs décennies d'instabilité politique, le combat d'un peuple pour ses droits demeure au fondement de "la question corse" contemporaine. Désormais, ce combat dépasse les frontières de la république française pour s'inscrire dans un cadre plus large avec le projet d'une constitution européenne.

Le peuple corse existe. Il est "une communauté historique et culturelle vivante" (délibération de l'Assemblée de Corse du 13/10/1988) qui s'exprime au travers de références identitaires communes; langue, mémoires, traditions... constitutives d'un sentiment partagé d'appartenance à une même société, d'une identité singulière sans cesse revisitée et encore transmise par-delà les générations et les migrations.

Il est aussi cette volonté de se projeter, de s'imaginer un avenir collectif en revendiquant des droits nouveaux à la fois politiques, économiques, sociaux et culturels. Le peuple corse est une communauté de destin.

La reconnaissance des droits du peuple corse s'est toujours heurtée à une conception hégémonique du droit de l'État qui est inscrite dans la loi fondamentale de la République Française. Au nom de la raison d'État, cette conception ouvre la porte à l'arbitraire et aux dérives vers l'exception en Corse comme ailleurs.

A plusieurs reprises, ces vingt dernières années, l'État a proposé des procédures permettant à « la question corse » de s'exprimer et d'être discutée. Mais ces volontés de dialogue n'ont jamais été  constantes. « La question corse » a également contribué à la transformation de l'État avec la décentralisation. Mais ces réformes ont manqué d'ambition malgré l'adoption par l'Assemblée Nationale, en 1991, d'une loi reconnaissant l'existence du peuple corse.

Plus régulièrement, plus fondamentalement, l'Etat a combattu la singularité corse, pratiquant longtemps l'assimilation culturelle et les échanges inégalitaires, par exemple à travers une loi douanière particulièrement injuste. Pour tenter de sortir du cycle des violences et des répressions, il a mis en place, dès le 19e siècle, un système de contrôle de la population s'appuyant sur les clans.

Il a permis une domination sans partage des clans devenus une structure de pouvoir où se croisent inextricablement des intérêts politiques. économiques et familiaux, et qui utilise le bulletin de vote comme une monnaie d'échange.

De cette manière, les clans ont su se draper dans une légitimité démocratique alors qu'ils pratiquent en permanence les dénis de démocratie et de citoyenneté. L'Etat a abandonné l'espace public au népotisme. Il a maintenu la Corse à la lisière de l'Etat de droit, se montrant incapable de protéger les citoyens contre les violences de la société corse, générant lui-même d'autres violences.

L'affirmation de : « L'attitude ambiguë que les Corses observent à l'égard des règles d'organisation d'un société démocratique modernes » est revenue comme un leitmotiv. On retrouve ici des traces de cette idéologie qui établit des hiérarchies au sein de l'humanité, certaines cultures, certains peuples étant jugés inaptes à la loi et à la démocratie, ou tout au moins manquant de la maturité nécessaire.

Il faut en finir avec les caricatures qui sont l'expression d'une défiance vis à vis de cet Autre que représente "le Corse". Peut-on accepter ce qu'il faut refuser pour toute communauté humaine, renfermement dans quelques stéréotypes qui ouvre la porte au racisme et aux pratiques discriminatoires.

(Rapport parlementaire «La Corse : L'indispensable sursaut» dit «Rapport Giavany»)

Mais les Corses aussi doivent convaincre. Pour cela, il est nécessaire de rompre avec les discours de victimisation, soit qu'ils se réfèrent au fatalisme, cette idée imposssible d'une histoire toujours recommencée, soit qu'ils se réfugient dans la recherche d'un bouc-émissaire pour mieux s'exonérer de cette responsabilité.

Nous n'avons pas changé d'époque mais le monde bouge et avec lui la Corse, car avant d'être une île, la Corse est une terre du monde. Aujourd'hui le meilleur moyen d'échapper aux peurs engendrées par ce sentiment que tout va vite, que tout s'éloigne, est à la fois la référence aux valeurs universelles de dignité, d'égalité et de liberté, en même temps que la prise de responsabilité ici et maintenant.

La volonté de vivre ensemble au sein d'une communauté composée de Corses de filiation, vivant dans et hors de l'île, et de Corses d'adoption, individus ayant fait le choix de s'installer ou issus des premières générations nées en Corse, est une réponse à cette double exigence.

Elle a pour conséquence la liberté de venir en Corse et/ou d'en partir, et celle de s'y installer et d'y travailler. De tous temps, nombreux sont les Corses de filiation qui souvent contraints de quitter la Corse, ont utilisé ces deux libertés, constituant notamment une importante dispora. De même, sans ces libertés, il ne saurait exister de Corses d'adoption.

Nous sommes conscients que les libertés de circulation et d'installation s'organisent de plus en plus dans un cadre européen. Pour contribuer à la sauvegarde de ces libertés, le peuple Corse doit demeurer une communauté intégrante. Pour cela, il doit disposer de nouveaux droits afin de garantir son identité et de maîtriser son destin tout en concevant l'acceptation de sa singularité comme un droit individuel.

Seule cette conception civique du peuple, affirmant le primat de l'individu sur la communauté, permet de répondre aux inquiétudes et aux crispations qui travaillent la société corse. Comme toute société, celle-ci n'est pas à l'abri de dérives ethnicistes. Il existe notamment une forte tendance à se représenter cette société comme une juxtaposition de communautés concurrentes alors que les nombreuses mixités existantes et les questionnements identitaires sans cesse renouvelés dynamisent la société corse.

Ces dernières décennies, nombreuses ont été les mobilisations culturelles, syndicales, associatives et politiques qui ont exprimé avec force cette conception civique, des mobilisations citoyennes portées par cette conviction que les droits de l'homme et les droits des peuples sont toujours venus J'en bas. conquis sur les Etats et non imposes par eux.

Aujourd'hui, pour que s'ancre toujours plus ce projet d'une communauté singulière et intégrante, les mobilisations doivent être prolongées. Il faut, dès à présent, par notre engagement citoyen, affirmer notre volonté de construire un projet de société alternatif où la force du droit l'emporte sur le droit de la force. Les injustices et les inégalités dues à l'absence de reconnaissance des droits du peuple corse ne justifient en rien le recours aux pratiques clandestines qui conduisent à l'impasse.

Le combat d'un peuple pour ses droits est au fondement de « la question corse » contemporaine. Mais les conditions de ce combat évoluent. D'une part, des luttes politiques intenses ont permis, à certains moments, d'imposer l'Assemblée de Corse comme un corps intermédiaire entre l'Etat et les citoyens corses. D'autre part, les directives européennes organisent de plus en plus notre vie quotidienne.

L'idée d'un partage du pouvoir entre la Corse, ou plus exactement entre les élus territoriaux et l'Etat est à l'ordre du jour. Constatons simplement que le partage du pouvoir par le haut, entre la France et l'Europe est déjà une réalité. Constatons également que beaucoup reste à faire pour un véritable partage par le bas, entre les élus et les citoyens qui est le véritable fondement de la démocratie locale.

Il faut en finir avec celte machine politico-administrative qui produit et reproduit de l'élu, et qui échappe au contrôle des citoyens. Il faut aussi retirer cette possibilité donnée légalement aux élus et à leurs concurrents de choisir leurs électeurs en étant à la maîtrise des opérations de révision des listes électorales. Ce travail de révision devrait être confié à une autorité judiciaire indépendante.

Mais pour lutter contre le conservatisme social et ses logiques d'allégeance, il faut surtout développer la démocratie participative en impliquant toujours plus les citoyens dans le gouvernement et la direction des affaires publiques, notamment en garantissant la liberté de s'associer. Aujourd'hui, la capacité des citoyens à s'organiser demeure un combat vis à vis des pouvoirs publics.

D'autres évolutions sont plus inquiétantes. Il y a la pauvreté et la désespérance sociale qui ne cessent de s'enraciner, toute cette vulnérabilité des femmes et des hommes qui offre des proies faciles au clientélisme et à la délinquance.

Il y a les migrations continues et massives, tous ces mouvements de population, synonymes de liberté de circuler lorsque l'on vient des rives nord de la Méditerranée, mais synonymes de fermeture des frontières et de non droit lorsque l'on vient des rives sud, et pour beaucoup de Corses, synonymes d'émigrations subies lorsqu'ils quittent leur île.

Peut-on projeter une communauté intégrante devant tant d'inégalités et tant d'instabilités, alors que de nouvelles ambitions néo-libérales rêvent de brader toujours plus les acquis sociaux et les repères identitaires au profit d'un univers consumériste et d'une société anonyme ?

Aujourd'hui, un constat s'impose; les mouvements migratoires sont vécus, en l'état actuel des droits comme un défi. Il est urgent de proposer une alternative fondée sur une citoyenneté située se référant aux principes universels et se projetant à partir :

a) d'une citoyenneté sociale

La question des droits économiques et sociaux est souvent minorée. Pour garantir ces droits, il est impératif de sortir du sous développement en proposant un développement associant l'éthique, le social et la solidarité entre les générations et entre les peuples. Pour cela, il faut reconnaître au peuple corse des capacités à s'auto-organiser qui incluent la possibilité de limiter la liberté de s'installer en matière d'investissement : il est indispensable de protéger les patrimoines tout en refusant les demandes protectionnistes qui sont une expression du clanisme. Les politiques publiques doivent plus particulièrement garantir l'accès aux services publics et le droit au logement dans tous les territoires insulaires.

b) d'une citoyenneté de résidence

Quelle que soit leur nationalité, tous les Corses vivant en Corse doivent pouvoir voter ou être candidat. Cette citoyenneté de résidence peut être conditionnée par une durée de résidence ; la présence de nombreux migrants installés à peine le temps d'un mandat territorial ou municipal contribue à la perte de sens de la démocratie représentative. Redonner sens à la démocratie représentative signifie également de s'interroger sur le vote par procuration. Celui-ci est doublement injuste ; d'une part, du fait de son importance, il fausse la donne démocratique en Corse ; d'autre part, il dépossède les Corses de la diaspora de leur droit de vote pour toutes les élections là où ils vivent. Il est indispensable aujourd'hui de repenser la contribution des Corses de la diaspora au devenir du peuple corse.

c) d'un nouveau droit linguistique

Il s'agit de donner enfin droit de cité à la langue corse dans sa société d'origine. L'instauration d'une égalité de traitement entre le corse et le français dans l'espace public insulaire répond à cette exigence de justice. L'institutionnalisation d'un bilinguisme n'interdit aucun accès à cet espace public pour les non corsophones. Les apprentissages linguistiques qui sont de puissants facteurs d'intégration doivent être développés. La généralisation d'un enseignement bilingue à l'Ecole et une véritable politique publique de l'apprentissage du corse par la formation continue répondent à des exigences de démocratisation en mettant en perspective une égalité d'accès à ces apprentissages pour tous. Ils développent aussi une culture plurilinguiste porteuse d'universalité. 

 

Nous avons changé de siècle
mais nous devons aussi changer d'époque. Pour cela, nous devons rêver une autre république qui s'enrichisse de la diversité des peuples; nous devons rêver une Europe qui s'émancipe des conflits violents entre les peuples,
avec ou sans Etat; nous devons admettre que « la question corse » est, avant tout,
UN CHANTIER REPUBLICAIN

 


 Si no emu cambiatu di seculu, un emu ancu cambiatu d'ità. Dopu calchi dicina d'anni di pulitica incerta, a lutta di un populu pà i so dritti lundamintali ferma, ancu oghji, a « quistioni corsa ». Oramai un hè più, issa lutta, rinchjusa in lu tarritoriu francesu ma s'allarga in lu quatru d'una custituzioni aurupea.

U populu corsu hè. Hè una «cumunità storica è culturali viva» (Diliberazioni di l'Assemblea di Corsica di u 13.10.1988) palesa da rifarenzi identitarii cumuni : lingua, mimoria, usi... cumpunenti d'un sintimu d'appartinenza à una stessa suciità. Una identità sempri attizzata è trasmessa al dilà di i ginirazioni è di a spargugliera.

Vulintà d'avanzà, d'imaghjinà un avvena cumunu, chirindu altri dritti pulitichi, ccunomichi, suciali è culturali. Hè, u populu corsu, una cumunità di distinu.

A ricunniscenza di i dritti di u populu corsu hà sempri inciampatu in un cuncettu auturitariu di u drittu di u Statu, scrittu in la legi fundamintali di a Ripublica Francesa. À nomu di a raghjoni di Statu stu cuncettu hè a porta aparta à u disputisimu è i svieri ver di l'eccezzioni in Corsica com'è altrô.

Quantu volti, in vinti anni, hà prupostu, u Statu, modi di sprimasi è i là eh'edda sia discutita a « quistioni corsa ». Ma mai cù cuntinuità. Parô a « quistioni corsa » hà indiatu l'evuluzioni di u Statu ver di a diccntralizazioni. L'ambizioni vera un ci era, ancu si l'Assemblea Naziunali, in lu 91, hà aduttatu una leghji di ricuniscenza di u populu corsu.

Ma di manera più rigulara, più fundamintali hà nigatu issu Statu a singularité corsa : assimilazioni culturali, i scambii cummirciali impiditi da una leghji di ducana tantu inghjusta. A suluzioni pà u Statu da pruteghjasi da a viulenza è a riprissioni hè stata, à u XIXU seculu un cuntrollu di a pupulazioni da u clanu.

Duminazioni praputenti di u clanu torru struttura di puteri chi ammaistrcghja i intaressi pulitichi. ccunomichi è di a famiglia, aduprendu da muneta u votu.

Una falsa facciata dimucratica chi piatta a nigazioni di dimucrazia è di citatinenza. U Statu hà cusi abandunatu u spaziu publicu à u niputisimu. S'hè ferma, a Corsica, à orlu di u Statu di drittu, incapaci di pruteghja a ghjenti da a viulenza di a suciità corsa è causa d'altri viulenzi.

« L'attitudina incerti di i Corsi a pettu i reguli d'urganizazioni d'una suciità dimucratica muderna» hè divintata una vera cantalena. Si poni scopri i traci d'una idiulugia chi stabilisci niveddi in l'umanità, certi culturi, certi populi ghjudicati incapaci d'avè una leghji, una dimucrazia o tuttalmenu ùn issendu pronti ancu.

Bastarani sti caricatturi, segnu di sfiducia, à pettu à l'Altru , à pettu à « u Corsu ». Cornu pudè ammetta ciô ch'eddu ci voli à ricusà par ogni cumunità umana : essa rinchjusa in uni pochi di visti pronti è Iestri causa di razzisimu è di pratichi di spichera.

Ma à i Corsi, anch'eddi, li tocca à scunvicia. Rompa cù u discorsi di a vittima, cù una rifarenza à u fatalismu – s'idea impussibili d'una storia sempri ricuminciata – sia in la ricerca d'un paganacciu pà megliu ùn purtà rispunsibilità.

Un emu cambiatu d'ità ma a tarra , edda, si movi, è cun edda a Corsica chi nanzi d'essa una isula, hè un ispaziu di a tarra. U modu di pruteghjasi di i pauri nati da u sintimu chi tuttu và troppu lestru, chi tuttu s'alluntana hè in lu stessu tempu a rifarenza à i valori universali di dignità, d'egualità è di libertà quant'è una presa di rispunsibilità quì ed avà.

A vulintà d'essa, di campà insemi in una cumunità fatta di Corsi di figliazioni, campendu quì o altròn è di Corsi d'aduttazioni, ghjenti chì hà fattu a scelta di stassini quì o ancu di i purfiglioli di i prima generazioni nati in Corsica, hè a risposta à sta doppia esigenza.

A cunsiquenza hè tandu a libertà di a vena in Corsica è/o d'andassini, è quidda di campacci è di travaglià. Dapoi sempri, quantu sò stati i Corsi di figliazioni custretti d'andassini, è chì ani aduprattu una di sti libertà, tistimonnii d'una impurtanti diaporà. Comu, senza sti libertà, pudariani asista Corsi d'aduttazioni ?

Parò siami cuscenti di u fattu chì a libertà d'andà et di vena s'urganizeghja sempri più in lu quatru aurupeu. Da salvà sti libertà tocca à u populu corsu d'essa sempri più una cumunità di intigrazioni. Bisogna ch'eddu pudissi acquistà altri dritti da ch'edda sia garantita a so identità, ammaistrà u so distinu accitendu stu fattu com'è un drittu individuali.

Stu cuncettu civicu di u populu, ricunniscindu a prautenza di l'individuu nantu à a cumunità , hè a risposta à u pinscri, a zerga chi movini a suciità corsa. Chi un hè. ancu edda, prutetta da svieri raz/isti : pinsà ch'eddi sô ghjustu posti una à torru à Paîtra i sfarenti cumunità è cuncurrenti. Tandu chi i mischii asistini è i quistiunamenti identitarii sô dinamica di sta suciità.

Quantu sô stati, st'ultimi anni, i mubilizazioni culturali, sindicali, assuciativi è pulitichi da sprima forti issu cuncettu civicu, tanti mubilizazioni di a ghjenti cunvinta chi i dritti di Tomu è i dritti di i populi sô sempri nati in lu populu, strappati à i Stati è micca imposti da eddi.

Da sviluppà sempri più stu prughjettu di singularità è di intigrazioni bisogna à dà forza à i mubilizazioni. Unu ingaghjamentu vulintariu è cuntinuu, assicurà di a nostra vulintà di cunstrui un prughjettu di suciità alternativu induva a forza di u drittu supraneghja u drittu di a forza. I inghjustizii, i inigualità. a nigazioni di ricunniscenza di u populu corsu un ghjustificheghjani i pratichi clandestini chi sô sen/a avvena.

A lutta di un populu pà i so dritti hè u puntu fundamintali di a « quistioni corsa » d'oghji. Scambiani i cundizioni di a lutta. A prima hè chi i lutti pulitichi forti ani parmessu d'impona l'Assemblea di Corsica com'è verga trà u Statu è i Corsi. A siconda hè chi i dirittivi aurupei ammaistrcghjani sempri più u nostru cutidianu.

Hè à Tordini di u ghjornu u spartimentu di u puteri trà eletti tarrituriali è u Statu. Ramintemu chi stu spartimentu, à u niveddu aurupeu, trà a Francia è l'Auropa hè dighjà una rialità. U fattu hè ch'eddu ferma assai da fa chi, à un niveddu più bassu, si fessi u spartimentu trà a ghjenti è I'eletti. Hè qui a vera dimucrazia.

Hè ora ch'edda compii incù sta macchina à pruducia e ripruducia eletti fora di cuntrolu di a ghjenti. Supprima a pussibilità ligali data à l'eletti di sceglia i so alittori ammaistrendu l'uperazioni di rivisioni di i listi alitturali. Essani incaricata una auturità ghjudiziaria indipindenti.

Ma par lutta contru à u cunservatisimu suciali è i so logichi di sottumissioni, bisogna à sviluppà sempri più a dimucrazia participativa impignendu di più u populu in lu guvernu è a dirizioni di l'affari publichi.
Dà una vera garanzia à a liberta d'assuciassi chi oghji hè un veru cumbattu cù i puteri publichi.

Altri evuluzioni dani pinseri. A puvertà, l'addisperu suciali chi si sviluppani. Più fraghjili, l'omi è i donni sô una preda faciuli pà u clientelisimu è a criminalità.

I migrazioni sô cuntinui è impurtanti. Liberta di circulà quand'omu veni da i spondi di u nordu di u Maritarraniu. Francu quandi a migrazioni cuncerna i pupulazioni di u Sud Maritarraniu. I Corsi, eddi stessi, ni patiscini, cundannati ch'eddi sô à l'esiliu.

Cornu capi una cumunità di intigrazioni à pettu à tutti sti inigualità è u mancu di stabilità, tandu chi u neo liberalisimu sempri più ambiziunutu prova à rompa l'acquisti suciali è i tistimoniu identitarii, pà u prufitu d'un mondu di cunsumazioni accanita è una suciità più anonima ch'è mai ?

Oghji un cunstatu s'imponi : i muvimenti migratorii sô cunsiderati. vistu i dritti, com'è una sfida. Ci hè urgenza à prupona una alternativa tinindu contu di a citatinenza chi fessi rifarenza à i principii universali è
fendusi à partasi da :

a) una citadinenza suciali

Hè à spessu minurizata a quistioni di i dritti ecunomichi è suciali. Da garantiscia sti dritti, impremi di esciasi da u sottu sviluppu. Prupona un sviluppu chi assuciessi Tctica, u suciali è a fratellcnza trà i generazioni è i populi. Ricunnoscia à u populu corsu a capacité di piglià in contu a so urganizazioni incù a pussibilità di metta limiti à l'investi : pruteghja u patrimoniu ricusendu u prutezziunisimu, sprissioni di u ç'anu- I pulitichi publichi devini, eddi, garantiscia l'accessu à i servizii publichi è u drittu à u l'alloghju in tutta l'isula.

b) una citadinenza di risidenza

Qualunqua sia a so naziunalità, ogni Corsu chi campa in Corsica devi pudè vutà ed essa candidatu. Issa citadinenza di risidenza pudaria essa cundiziunata da un tempu di risidenza ; tanti migranti prisenti ghjustu u tempu d'un mandatu tarrituriali o municipali sô parti presa à a perdita di u sensu di a dimucrazia participativa. Poni di que una riflissioni nantu à u vont di pracura. Porta que una doppia inghjustizia. Prima chi u so pesu falsificheghja a rialità dimucrativa. Siconda, priva i Corsi di u drittu di votu induv'eddi campani. Rifietta à a cuntribuzioni di i Corsi di a diaspora à l'awena di u populu corsu.

c) un nuvellu drittu linguisticu

Saria ora ch'cdda vultessi, a lingua corsa, in la so suciità d'urigina. Corsu è francesu à paru in lu spaziu publicu hè una esigenza di ghjustizia. Stu bislinguisimu istituitu un impidisci mancu stampa di participa à u serviziu publicu quiddi chi u corsu un l'ammaistrcghjani micca. Sviluppà dinô Famparcra di a lingua ghjè crescia a intigrazioni. Generalizazioni di un insignamentu bislinguu è amparera cù a furmazioni cuntinua sô a risposta à una esigenza dimucratica dendu ad ugnunu issa pussibilità. Si svilupparia ancu una cultura plurilinguistica segnu d'universalità.

Emu cambiatu di seculi, bisogna avà a cambià d'epica. Tocca à noi tuttu à sunnià à una altra ripublica più ricca di a varietà di i populi; tocca à noi à sunnià una Autopa sbarrazzata di i lutti viulenti trà i populi, cù statu o senza; adimetta chi a « quistioni corsa » hè,

UN' OPARA RIPUBLICANA