Appel pour la reconnaissance du peuple Corse - pétition - 2000

Appel pour la reconnaissance du peuple Corse - pétition - 2000

Appel pour la reconnaissance du peuple corse



Paru dans « Corse Matin » le 17 février 2000

Depuis l'invitation au dialogue lancée par le 1er Ministre, la Corse peut espérer en un futur dynamique basé sur l'imagination qui pourrait permettre une intégration de ïa communauté insulaire dans une Europe moderne et ouverte sur le monde. Ce souci est présent de manière plus ou moins confuse dans la majorité des esprits.

Le débat est là, enfin là, provoqué par le bénéfique changement d'attitude du Premier Ministre. Il faut le laisser s'organiser, ne rien taire, aider à ce qu'éclosent les questions de fond et ne pas craindre la contradiction et la polémique. Ainsi avancent, en démocratie, le pluralisme et la prise de décision. Depuis un quart de siècle, voire depuis plusieurs siècles, la question d'une reconnaissance en droit du peuple corse occupe une place centrale dans l'espace politique insulaire. Qu'on Le veuille ou non, elle apparaît aujourd'hui comme le passage obligé pour que s'ouvrent devant nous les portes de l'avenir. Et qu'importe la vigueur des débats !

Pour notre part, nous aspirons à une citoyenneté nouvelle, capable de dépasser les archaïsmes et Les discours belliqueux, de faire barrage aux idéologies racistes et xénophobes et de s'opposer aux pouvoirs de caciques ainsi qu'à une Raison d'Etat sans d'autre raison que l'intérêt d'un État qui va devoir s'adapter au monde environnant.

Nous affirmons que la reconnaissance d'un peuple corse, inscrite dans la loi fondamentale française, est une condition essentielle pour refonder la démocratie et pour reconstruire l'espace public insulaire. Il est temps pour la République de s'interroger sur son propre modèle.

La République nTa pas à craindre l'organisation de droits collectifs en son sein pas plus que le citoyen dès lors que les droits de l'Homme restent prépondérants sur ceux de toute communauté qu'elle soit corse ou française, tout simplement parce que ces droits sont à la dimension de 'humanité et à l'échelle des individus.

La France n'a rien à craindre de la reconnaissance du peuple corse dès lors qu'elle accepte l'idée d'un État de droit qui ne saurait être confondu avec les droits de l'Etat. Elle a tout à gagner à laisser émerger les richesses de ses différences plutôt qu'à éradiquer celles-ci au profit d'une uniformité nécessairement inégalitaire. Nous affirmons aussi que la reconnaissance d'une communauté de destin regroupant des Corses d'origine comme des Corses d'adoption, enfin responsable de son destin, répond à un besoin moderne d'identification politique.

Dans un monde où les centres de décision s'éloignent de plus en plus du citoyen, nous affirmons que le meilleur moyen d'échapper à la dissolution promise par l'ultra libéralisme, à la mutation en individus microsoftés ou macdonatisés est à la fois la référence éthique à l'humanité en même temps que la prise de responsabilité au sein de sa propre communauté. Nous ne voulons pas laisser s'installer un monde fondé sur la solitude dans une foule innommable pas plus que sur la seule recherche du profit, ce profit qui arase les différences, détruit l'esprit et fonde le malheur sur la seuïe puissance d'un matérialisme annihilant Parce que l'homme pensant est l'avenir de l'homme, les peuples doivent s'assumer en toute maturité. En reconnaissant le peuple corse, la République française contribuerait à la construction d'un espace de citoyenneté conforme aux enjeux du siècle qui vient. ne telle reconnaissance exige une réforme de la Constitution.

C'est ce que nous espérons de tous nos voeux pour la Corse> pour la France mais surtout pour les générations à venir.

1"* signataires :

Jean Claude ACQUAVIVA (artiste chanteur), Toni CASALONGA (plasticien), Pierre CERVETTÏ (syndicaliste), Xavier Gabriel CULIOLI (écrivain militant anti-raciste), Alain DI MEGLIO (enseignant université de Corse), Antoine Marie GRAZZIANI (enseignant IUFM de Corse), Petru GUELFUCCI (artiste chanteur), André PACCOU (militant des droits de l'homme), Xavier PIERI (enseignant
université de Corse), Jean Claude ROGLIANO (écrivain), Etienne SANTUCCÏ (syndicaliste), Antoine SOLLACARO (avocat ancien bâtonnier), Ghjacumu THIERS (enseignant université de Corse), Dumenica VERDONI (enseignante université de Corse), Noëlle VINCENSINI (déportée résistante militante humaniste).

(Pour rejoindre notre appel, envoyer vos noms, prénoms, qualités, lieu de résidence et signatures à :
André PACCOU, 2 rue Gabriel PERI - 20000 AJACCIO)

Paru dans « Corse Matin » le 18 février 2000

Toujours des signatures

Nous avons passé hier la moitié de « l'échantillonnage » de signatures parvenu aux quinze personnalités qui avaient lancé, il y a deux semaines, l'appel pour la reconnaissance du peuple corse.

Quelles que soient les réactions nous avons pu mesurer – au nombre de coups de téléphone reçus dans la journée – que cet appel ouvre un débat et ne laisse pas indifférent. Nous redonnons donc a toutes fins utiles l'adressa a laquelle peuvent être adressés les courriers : M, André Paccou, 2 rue Gabriel-Peri 20000 Ajaccio.

Voici la suite de la liste que nous avons reçue :



Jean-Luc Bennahmies (secrétaire général des Verts Paris), Ghjacumu Fusina (enseignant a l'université de Corte, écrivain). Sabah Garani (emploi-jeune, militante des droits de l'homme, Ajaccio), Patrizia Gattaceca (artiste, écrivain, Bastia), Eugène François-Xavier Gherardi (enseignant à l'université de Corte}, Jeanne Giacopucci (directrice retraitée de l'école des cadres du CHU de Nantes), Jacques Guiilard (éditeur, distributeur, Ajaccio), Omar Hedouch (agent d'entretien, Bastia) Olivier Jehasse (enseignant à l'université de Contai Franck Johannas (journaliste, Paris), Bastien Leccia (ancien sénateur, membre fondateur et président honoraire de la section Marseille de la LDH), Jeannot Magni jprésident de l'unione corsa d'Antibes) Jean Manarini (nationaliste historique et chef d'entreprise, Porto-Vecchio), Marc Mattei cardiologue, Ajaccio), Jean-Luc Morucci (syndicaliste, Ajaccio), Francette Orsoni (auteur, conteuse, Veru), Christine Paccou-Mattei (directrice, militante des droits de l'homme, Ajaccio), Frédéric Pellegrin (employé de banque, syndicaliste, Ajaccio),Jean-Do Peretti (patron pécheur, membre du conseil économique. Social et culturel de la Corse, Ajaccio), François-Marie Perfettini (inspecteur de l'éducation nationale a la retraite, Bastial, Gilles Perrault (écrivain, Paris), Jacky Hossi (syndicaliste, Ajaccio), Edmond Slmeoni (docteur, militant autonomiste, Bastia), Gilles Simeoni (avocat, militant des droits de l'homrne, Bastia), Paul-Antoine Susini (syndicaliste étudiant, Carbuccia), Dominique Taddei (ancien député socialiste, membre du conseil économique et social, Paris).

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